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    Avant je détestais le lundi.
    Retour déchirant à la pension"prison", à ses hauts murs de pierre qui nous cachaient la vie. Avant, j'avais les larmes qui coulaient, les yeux perdus sur l'écran- paysage, le coeur noué sur tes mots du dimanche, tes mots tendresse, fous de projets, fous de promesses.
    Avant je m'endormais le soir avec ton rire dans mon cou et ton foulard déposé sur ma joue.
    Avant je détestais le vide de ce jour, les premiers cours qui éloignaient le rêve, l'angoisse qui rôdait et le froid des silences .
     J'ai haï ces lundis au parfum de souffrance, quand il fallait quitter le dimanche bien chaud, se séparer, encore, et vivre nos quinze ans, chacun de son côté.

     

    Les lundis sont plus calmes aujourd'hui mais il plane des ombres, un mal-être parfois, où ressurgit le mal d'adolescence, la déchirure, les souvenirs de cet horrible train engloutissant la jeunesse et l'amour.

                                     novembre 2007  ( en lien avec Papier libre )


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  • Mon arbre

    Je sais que tu m'attends !

    C'est notre rendez-vous, notre lieu mystérieux,

    Le temple de mes pleurs,

    De mes peurs....

    Tu m'as tant écouté,

    Mes doutes, mes secrets,

    Mes silences,

    Mes émois tremblotants,

    Les certitudes de mes seize ans...

    Je sais que tu vivras

    Par delà mes tempêtes,

    Mes amours disparus,

    Mes jours à l'aube pâle,

    Et cela me rassure

    Ta force, ta puissance,

    Mes bras t'enveloppant,

    Ton odeur enivrante,

    Tes cheveux ondoyants

    Qui vibrent sous le vent....

    Je sais que tu connais

    Des milliers de mystères

    Les pas des promeneurs,

    Les marques sur ton corps,

    L'orage qui ruisselle,

    La foudre qui te blesse

    Et le chant des oiseaux...

    Je sais que tu es là,

    Mon arbre

    Qui caresse mon dos

    De ta peau granuleuse.

    Je peux parler, chanter,

    T'enlacer, me bercer,

    M'endormir à tes pieds

    A ton ombre, apaisée.

    balaline  le 1/07/07 pour  "Papier libre "


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  • Mes mains maçonnent, magnifient le modèle....

    Mon maître malaxe ,mélange la matière, majestueusement.

    Mimétisme?

    Mains mêlées, mobiles et marbrées, manifestant la meilleure mobilité

    Mêmes mouvements, même mémoire mélancolique, mains mendiantes

    Mains mouettes, mains mouvance, mains murmures.....

    Mille mouvements, mille mugissements, multitude !

    Mains mystères, musardez, modelez, mimez la mer.....

    Muettes mais magnifiques, moissonnant les merveilles !

    Mains magiques !

    Tautogramme en lien avec l'atelier de Nat : Papier libre


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  • Nourris d'images inattendues

    Bercés de films, de variétés

    De violences exacerbées

    Allaités de publicité

    Les enfants ont grandi, entourés

    De leur deuxième mère télé.....

    Collés à l'écran vert-bleuté

    Ils grignotent toute la journée

    Des biscuits, des chips trop salées

    Oubliant souvent le dîner!

    Quand soudain la mort a frappé,

    Ce soir le poste est cassé

    Les hommes sont déboussolés

    Orphelins d'émissions imposées

    D'images, d'idées prédigérées,

    Elle les laisse tout perturbés

    C'est un manque dans leur journée

    Plus de rêves à gagner !

    En lien avec l'atelier de Nat, Papier libre ......


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  • Tu le sais toi, que la mort de la terre

    Monte des profondeurs, déchire mes entrailles

    Me rend fou de douleur!

    Tu sais mon amertume, mon profond désarroi,

    Entends, elle nous sonne,et nous faisons les sourds!

    Elle se troue de partout, s'effrite et se noue,

    Sa douleur est si forte qu'elle crache son venin,

    Vomit ses torrents d'eau, ravage nos jardins!

    Quand l'océan se pose, c'est le ciel qui rugit,

    Féroce, il noie de son tumulte les malheureuses vies

    Qui s'agrippent à sa fragile peau!

    Là-bas la terre sèche, exsangue elle se meurt!

    Dans ce désert lunaire, une fleur minuscule

    Se dresse insolente, défie le ciel aride.

    Les bêtes décharnées brament au clair de lune

    Quand la fraîcheur descend et leur donne un baiser,

    Mais le berger sait bien que l'illusion perdure

    Et trace son sillon de poussière et de mort!

    Les oiseaux sont partis vers des jours inconnus

    Le monde est vide de leurs chants, de leurs cris,

    Et moi je pleure devant l'immensité stérile et nue

    Que je n'ai pu garder au temps de sa splendeur!

    Tu le sais toi, que la mort de la terre

    Nous unira bientôt en un combat ultime

    Qui nous liera, c'est sûr, bien plus fort que l'amour,

    Nos bras noués en choeur, nos coeurs en sentinelles!


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