• Nourris d'images inattendues

    Bercés de films, de variétés

    De violences exacerbées

    Allaités de publicité

    Les enfants ont grandi, entourés

    De leur deuxième mère télé.....

    Collés à l'écran vert-bleuté

    Ils grignotent toute la journée

    Des biscuits, des chips trop salées

    Oubliant souvent le dîner!

    Quand soudain la mort a frappé,

    Ce soir le poste est cassé

    Les hommes sont déboussolés

    Orphelins d'émissions imposées

    D'images, d'idées prédigérées,

    Elle les laisse tout perturbés

    C'est un manque dans leur journée

    Plus de rêves à gagner !

    En lien avec l'atelier de Nat, Papier libre ......


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  • Tu le sais toi, que la mort de la terre

    Monte des profondeurs, déchire mes entrailles

    Me rend fou de douleur!

    Tu sais mon amertume, mon profond désarroi,

    Entends, elle nous sonne,et nous faisons les sourds!

    Elle se troue de partout, s'effrite et se noue,

    Sa douleur est si forte qu'elle crache son venin,

    Vomit ses torrents d'eau, ravage nos jardins!

    Quand l'océan se pose, c'est le ciel qui rugit,

    Féroce, il noie de son tumulte les malheureuses vies

    Qui s'agrippent à sa fragile peau!

    Là-bas la terre sèche, exsangue elle se meurt!

    Dans ce désert lunaire, une fleur minuscule

    Se dresse insolente, défie le ciel aride.

    Les bêtes décharnées brament au clair de lune

    Quand la fraîcheur descend et leur donne un baiser,

    Mais le berger sait bien que l'illusion perdure

    Et trace son sillon de poussière et de mort!

    Les oiseaux sont partis vers des jours inconnus

    Le monde est vide de leurs chants, de leurs cris,

    Et moi je pleure devant l'immensité stérile et nue

    Que je n'ai pu garder au temps de sa splendeur!

    Tu le sais toi, que la mort de la terre

    Nous unira bientôt en un combat ultime

    Qui nous liera, c'est sûr, bien plus fort que l'amour,

    Nos bras noués en choeur, nos coeurs en sentinelles!


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  • Ma ville est blanche en haut.Elle s'étire en bord de mer,noyée entre le bleu  de la méditerranée et l'azur du ciel.                             A ses pieds, les plages dorées,couleur cartes postales. Tout y est propre,soigné, récuré, plein de vie et de santé; le pays des nantis, des sans-souci, des bien pensants! Pas une ride pour effilocher le paysage, pas le moindre tag, le moindre détritus jeté au hasard d'un oubli! Même les passants font preuve de discrétion, la voix chuchotée, refusant de heurter la beauté.                                            C'est beau, c'est plat, presque froid s'il n'y avait le soleil à profusion dès les premiers beaux jours! Et les fleurs, bien sûr! des milliers de fleurs, des compositions paradisiaques!  Tout y est programmé pour le bien être de ses habitants!

    Ma ville est noire en bas. C'est là-bas, de l'autre côté du blanc,loin de ce pays tranquille et digne, digne pour qui?                                   Là-bas le soleil arrive péniblement.C'est dur de réchauffer la misère!                                                                                                      Un amoncellement de cartons et de ferrailles imbriqués en de savantes compositions , des tas instables les soirs de grand vent.La terre est noire, poussièreuse, elle colle aux semelles et souvent aux pieds nus des enfants. Le blanc a disparu, délavé par les intempéries, la pauvreté, l'oubli.                                                      Le gris s'est étalé partout, sur les murs de bêton, sur les toits, sur la peau des enfants, sur le dos des chiens errants.....des tâches de couleurs volées aux restes de peinture n'arrivent pas à animer le décor.                                                                                                     Ici vivent les oubliés de la ville blanche, les rescapés du dernier bateau,les marginaux du système,les sans nom, les sans papier.Une cour des miracles où justement il n'y a plus d'espoir sauf celui de rester encore quelque temps à l'abri des "chercheurs" de la ville blanche. Ici, on ne chuchote pas, on crie souvent ,sa révolte, son désespoir, on déverse sa détresse sur les joues des enfants ou sur le chien qui passe....le gris, le noir, les cris  se mélangent mais la ville d'en haut ne le sait pas, surtout ne veut pas le savoir!                                                                                    Un jour sans doute,un grand bulldozer viendra et poussera un peu plus loin la ville d'en bas, car la misère a des odeurs qui pourraient bien perturber la sérénité de la ville blanche!

      Sujet d'écriture sur la ville.(03/05/06)


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  • Et si mon voyage était affaire de rencontres!

    Une longue marche dans le désir de s'arrêter à chaque voix, à chaque main tendue

    Comme un signal qui s'allume et me tient éveillée

    Une attirance qui ouvre le chemin,

    Une alchimie opérante et spontanée,

    Un bruit du coeur qui écoute les pas de l'autre venant vers moi,

    Une oreille attentive, céleste, presque irréelle , triant le bien du mal,

    Des yeux qui prient le ciel de leur donner la sagesse d'aimer,

    Le pouvoir d'apaiser, de suggérer un nouveau monde

    De reconnaître leur valeur, leurs différences, leur unicité.....

    Ma peau a la couleur du blanc, sa peau a la couleur du bleu

    Magie des couleurs qui libèrent la beauté

    Respect des corps, de la vie, de nos visages éblouis!

    Douceur d'aimer dans le silence

    Vibrations infinies de la mélancolie

    Apothéose dans la douleur de croire, dans la force d'aimer!

    Joies multiples, chagrins évanouis

    Que du baume!

    Nature magnifiée, splendeur du monde!

    Où suis-je?

    Où êtes-vous?

    Tout est prêt pour le grand voyage!


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  • Il est assis au bord du lac.

    Pas loin du miroir où ses pensées s'étalent.

    Protection crépusculaire pour abriter sa peine.

    Pourquoi ce soir?

    Un voyage immobile au fin fond de lui-même.

    L'eau attire et mire ses tourments.

    Une descente dans les entrailles de son âme

    blessée, meurtrie, pansée, cabossée!

    Elle est blessée de l'enfance, beaucoup!

    De solitude, de manques.....

    Sa plus profonde cicatrice, sensible, douloureuse

    Encore!

    Des vides qu'il ne peut pas combler!

    Depuis il surnage, il vogue deci, delà

    Au gré de la vie qui le porte.

    "Maman, pourquoi m'as-tu abandonné?"

    Comme un leit-motiv, encore et toujours...

    Il le poursuit tout le temps...

    Même dans les moments de paix!

    C'est un voyage sans retour

    A faire seul,

    L'autre ne peut aider, il ne peut prendre sa souffrance

    Il ne l'a pas vécue, il est trop loin!

    Ce soir le lac va apaiser son âme

    Ecouter  sa désespérance

    Noyer les maux de son enfance!


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