• Et si mon voyage était affaire de rencontres!

    Une longue marche dans le désir de s'arrêter à chaque voix, à chaque main tendue

    Comme un signal qui s'allume et me tient éveillée

    Une attirance qui ouvre le chemin,

    Une alchimie opérante et spontanée,

    Un bruit du coeur qui écoute les pas de l'autre venant vers moi,

    Une oreille attentive, céleste, presque irréelle , triant le bien du mal,

    Des yeux qui prient le ciel de leur donner la sagesse d'aimer,

    Le pouvoir d'apaiser, de suggérer un nouveau monde

    De reconnaître leur valeur, leurs différences, leur unicité.....

    Ma peau a la couleur du blanc, sa peau a la couleur du bleu

    Magie des couleurs qui libèrent la beauté

    Respect des corps, de la vie, de nos visages éblouis!

    Douceur d'aimer dans le silence

    Vibrations infinies de la mélancolie

    Apothéose dans la douleur de croire, dans la force d'aimer!

    Joies multiples, chagrins évanouis

    Que du baume!

    Nature magnifiée, splendeur du monde!

    Où suis-je?

    Où êtes-vous?

    Tout est prêt pour le grand voyage!


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  • Il est assis au bord du lac.

    Pas loin du miroir où ses pensées s'étalent.

    Protection crépusculaire pour abriter sa peine.

    Pourquoi ce soir?

    Un voyage immobile au fin fond de lui-même.

    L'eau attire et mire ses tourments.

    Une descente dans les entrailles de son âme

    blessée, meurtrie, pansée, cabossée!

    Elle est blessée de l'enfance, beaucoup!

    De solitude, de manques.....

    Sa plus profonde cicatrice, sensible, douloureuse

    Encore!

    Des vides qu'il ne peut pas combler!

    Depuis il surnage, il vogue deci, delà

    Au gré de la vie qui le porte.

    "Maman, pourquoi m'as-tu abandonné?"

    Comme un leit-motiv, encore et toujours...

    Il le poursuit tout le temps...

    Même dans les moments de paix!

    C'est un voyage sans retour

    A faire seul,

    L'autre ne peut aider, il ne peut prendre sa souffrance

    Il ne l'a pas vécue, il est trop loin!

    Ce soir le lac va apaiser son âme

    Ecouter  sa désespérance

    Noyer les maux de son enfance!


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  • Un rayon de soleil venait de caresser le mur de la pièce et auréolait d'orangé les vieilles pierres blanchies. Comme délayée par un pinceau magique, la lumière s'étira,douce puis souveraine, dorée et silencieuse dans cette fin de journée..... Un voile poudré d'or  maquillait à présent les livres et les objets, les parant pour un temps d'une beauté réelle....

     Oh! mes livres! vous vivez à présent d'une splendeur nouvelle!

    Qui se cache en vos rangs? Que puis-je vous offrir de plus beau que vous- mêmes?

    La lumière s'étale, déroule ses atours, effleure chaque chose..... elle vous donne vie et panse vos blessures, vos chants d'amour inconsolés, vos drames de famille, vos souvenirs d'enfant, de vie, de guerre.....

    Cette douce lueur qui pare vos feuillets, illumine mes rêves et me rend étonnée devant de beauté!

    Le soleil doucement, en l'instant éphémère, joue une partition et lance un refrain! Je n'ose vous toucher, j'ai peur de froisser cet instant si parfait....

      Et soudain, moment inespéré!...... des feuillets vient surgir un grand troupeau tout  blanc dévalant la colline dans l'âcre odeur mêlée de poussière et de suint, sous la chaleur torride de Provence.....dans  leur course effrénée , les couleurs se mélangent: jaunes puissants des blés, violet de la lavande, noir d'un ciel de corbeaux.....les sonnailles répondent au cri de l'épervier qui maraude là-haut.

    Les cigales amoureuses prolongent vers le soir leur chant, la source se fait rare, et le berger soupire devant tant de beauté!

    Le long torrent respire et court sous le soleil qui grille et fait craquer la peau des oliviers.....

    Les tournesols sont fous de la chaleur ambiante. Ils tendent leurs corolles avides de lumière, ivres du jaune éblouissant qui monte de la terre, rejoignant un instant un rayon de soleil.....

    Là-bas un cabanon comme un vieux tas de pierres, attend dans le silence de midi, pesant et alangui que naisse l'ombre salutaire. Même la source semble tarie; un petit filet d'eau ,ténu, va abreuver l'oiseau.

    Et ce ciel! Cet azur! Ce bleu tel un vertige fait vaciller les sons, les diluant jusqu'à la perfection!

    Les odeurs des violets, des jaunes et des verts créent un envoûtement, un voyage à l'envers dans ce pays de rêve.....

      Ombres, lumières, couleurs, mes livres, mes rêves...... où êtes-vous?

    Où suis-je tout à coup?


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  •   Je les sens depuis longtemps,les mots sont là, en moi, à se morfondre, prêts à prendre leur essor pour arriver à bon port sur ma page blanche!

     Il y a eu les mots d'enfance,enferrés dans mes premiers chagrins,ceux qui refusaient toute relation et défiaient chaque mot secourable...

    Mes mots d'adolescente, parfois mal avisés ou nuls, des mots tranchants qui pouvaient blesser et me desservir.....

    Des mots tapis dans l'ombre d'une injustice, d'une blessure, toujours prêts à se mouvoir et à fuser.....

    Des mots criés au temps de la révolte, du déboulonnage des idées, des sixièmement toujours recommencés au fil de nos nuits blanches.....

    Des petits mots ,un rien crapuleux, juste pour jouer d'une voix rauque aux méchants mots......

    Des mots dérogatoires qui nous accordaient les escapades du lycée et quelques bouffées de bonheur....

    Et puis, à l'aube d'un été, sont venus les mots de paix. Ils se sont envolés avec légéreté comme des notes d'espoir, enveloppés des parfums du confiseur de la plage.

    Aériens et sifflotants, ils se posaient avec délicatesse: c'étaient mes premiers mots d'amour!

    Des mots romantiques à souhait, murmurés au son de l'épinette, des mots comme des étoiles jaillies de la botte du père  Noel !


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  • Tandis que je me balançais

    Enveloppé dans ma doublure,

    En mère aimante, déjà.....

    Tu doutais!

    Dans ton ventre, bien protégé,

    Sentais-tu une félûre?

    Un souci imperceptible

    Te gagner? déjà.....

    Tu doutais!

    Puis tout est allé très vite,

    Lorsque je suis arrivé....

    Un visage qui attire

    Mais aux yeux un peu bridés.....

    Déjà.....tu doutais!

    Tout le monde s'est penché

    Sur mon beau berceau d'osier,

    Mais en mère qui veillait

    En me regardant encore,

    Tu doutais!

    Mon enfant, mon nouveau-né,

    Que ferai-je pour t'aider?

    Car au fond de mon coeur de mère

    Je sens pour toi , une vie amère......

    Hélas!c'est une dure réalité!


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