• Ma ville est blanche en haut.Elle s'étire en bord de mer,noyée entre le bleu  de la méditerranée et l'azur du ciel.                             A ses pieds, les plages dorées,couleur cartes postales. Tout y est propre,soigné, récuré, plein de vie et de santé; le pays des nantis, des sans-souci, des bien pensants! Pas une ride pour effilocher le paysage, pas le moindre tag, le moindre détritus jeté au hasard d'un oubli! Même les passants font preuve de discrétion, la voix chuchotée, refusant de heurter la beauté.                                            C'est beau, c'est plat, presque froid s'il n'y avait le soleil à profusion dès les premiers beaux jours! Et les fleurs, bien sûr! des milliers de fleurs, des compositions paradisiaques!  Tout y est programmé pour le bien être de ses habitants!

    Ma ville est noire en bas. C'est là-bas, de l'autre côté du blanc,loin de ce pays tranquille et digne, digne pour qui?                                   Là-bas le soleil arrive péniblement.C'est dur de réchauffer la misère!                                                                                                      Un amoncellement de cartons et de ferrailles imbriqués en de savantes compositions , des tas instables les soirs de grand vent.La terre est noire, poussièreuse, elle colle aux semelles et souvent aux pieds nus des enfants. Le blanc a disparu, délavé par les intempéries, la pauvreté, l'oubli.                                                      Le gris s'est étalé partout, sur les murs de bêton, sur les toits, sur la peau des enfants, sur le dos des chiens errants.....des tâches de couleurs volées aux restes de peinture n'arrivent pas à animer le décor.                                                                                                     Ici vivent les oubliés de la ville blanche, les rescapés du dernier bateau,les marginaux du système,les sans nom, les sans papier.Une cour des miracles où justement il n'y a plus d'espoir sauf celui de rester encore quelque temps à l'abri des "chercheurs" de la ville blanche. Ici, on ne chuchote pas, on crie souvent ,sa révolte, son désespoir, on déverse sa détresse sur les joues des enfants ou sur le chien qui passe....le gris, le noir, les cris  se mélangent mais la ville d'en haut ne le sait pas, surtout ne veut pas le savoir!                                                                                    Un jour sans doute,un grand bulldozer viendra et poussera un peu plus loin la ville d'en bas, car la misère a des odeurs qui pourraient bien perturber la sérénité de la ville blanche!

      Sujet d'écriture sur la ville.(03/05/06)


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  • Et si mon voyage était affaire de rencontres!

    Une longue marche dans le désir de s'arrêter à chaque voix, à chaque main tendue

    Comme un signal qui s'allume et me tient éveillée

    Une attirance qui ouvre le chemin,

    Une alchimie opérante et spontanée,

    Un bruit du coeur qui écoute les pas de l'autre venant vers moi,

    Une oreille attentive, céleste, presque irréelle , triant le bien du mal,

    Des yeux qui prient le ciel de leur donner la sagesse d'aimer,

    Le pouvoir d'apaiser, de suggérer un nouveau monde

    De reconnaître leur valeur, leurs différences, leur unicité.....

    Ma peau a la couleur du blanc, sa peau a la couleur du bleu

    Magie des couleurs qui libèrent la beauté

    Respect des corps, de la vie, de nos visages éblouis!

    Douceur d'aimer dans le silence

    Vibrations infinies de la mélancolie

    Apothéose dans la douleur de croire, dans la force d'aimer!

    Joies multiples, chagrins évanouis

    Que du baume!

    Nature magnifiée, splendeur du monde!

    Où suis-je?

    Où êtes-vous?

    Tout est prêt pour le grand voyage!


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  • Il est assis au bord du lac.

    Pas loin du miroir où ses pensées s'étalent.

    Protection crépusculaire pour abriter sa peine.

    Pourquoi ce soir?

    Un voyage immobile au fin fond de lui-même.

    L'eau attire et mire ses tourments.

    Une descente dans les entrailles de son âme

    blessée, meurtrie, pansée, cabossée!

    Elle est blessée de l'enfance, beaucoup!

    De solitude, de manques.....

    Sa plus profonde cicatrice, sensible, douloureuse

    Encore!

    Des vides qu'il ne peut pas combler!

    Depuis il surnage, il vogue deci, delà

    Au gré de la vie qui le porte.

    "Maman, pourquoi m'as-tu abandonné?"

    Comme un leit-motiv, encore et toujours...

    Il le poursuit tout le temps...

    Même dans les moments de paix!

    C'est un voyage sans retour

    A faire seul,

    L'autre ne peut aider, il ne peut prendre sa souffrance

    Il ne l'a pas vécue, il est trop loin!

    Ce soir le lac va apaiser son âme

    Ecouter  sa désespérance

    Noyer les maux de son enfance!


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  • Un rayon de soleil venait de caresser le mur de la pièce et auréolait d'orangé les vieilles pierres blanchies. Comme délayée par un pinceau magique, la lumière s'étira,douce puis souveraine, dorée et silencieuse dans cette fin de journée..... Un voile poudré d'or  maquillait à présent les livres et les objets, les parant pour un temps d'une beauté réelle....

     Oh! mes livres! vous vivez à présent d'une splendeur nouvelle!

    Qui se cache en vos rangs? Que puis-je vous offrir de plus beau que vous- mêmes?

    La lumière s'étale, déroule ses atours, effleure chaque chose..... elle vous donne vie et panse vos blessures, vos chants d'amour inconsolés, vos drames de famille, vos souvenirs d'enfant, de vie, de guerre.....

    Cette douce lueur qui pare vos feuillets, illumine mes rêves et me rend étonnée devant de beauté!

    Le soleil doucement, en l'instant éphémère, joue une partition et lance un refrain! Je n'ose vous toucher, j'ai peur de froisser cet instant si parfait....

      Et soudain, moment inespéré!...... des feuillets vient surgir un grand troupeau tout  blanc dévalant la colline dans l'âcre odeur mêlée de poussière et de suint, sous la chaleur torride de Provence.....dans  leur course effrénée , les couleurs se mélangent: jaunes puissants des blés, violet de la lavande, noir d'un ciel de corbeaux.....les sonnailles répondent au cri de l'épervier qui maraude là-haut.

    Les cigales amoureuses prolongent vers le soir leur chant, la source se fait rare, et le berger soupire devant tant de beauté!

    Le long torrent respire et court sous le soleil qui grille et fait craquer la peau des oliviers.....

    Les tournesols sont fous de la chaleur ambiante. Ils tendent leurs corolles avides de lumière, ivres du jaune éblouissant qui monte de la terre, rejoignant un instant un rayon de soleil.....

    Là-bas un cabanon comme un vieux tas de pierres, attend dans le silence de midi, pesant et alangui que naisse l'ombre salutaire. Même la source semble tarie; un petit filet d'eau ,ténu, va abreuver l'oiseau.

    Et ce ciel! Cet azur! Ce bleu tel un vertige fait vaciller les sons, les diluant jusqu'à la perfection!

    Les odeurs des violets, des jaunes et des verts créent un envoûtement, un voyage à l'envers dans ce pays de rêve.....

      Ombres, lumières, couleurs, mes livres, mes rêves...... où êtes-vous?

    Où suis-je tout à coup?


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  •   Je les sens depuis longtemps,les mots sont là, en moi, à se morfondre, prêts à prendre leur essor pour arriver à bon port sur ma page blanche!

     Il y a eu les mots d'enfance,enferrés dans mes premiers chagrins,ceux qui refusaient toute relation et défiaient chaque mot secourable...

    Mes mots d'adolescente, parfois mal avisés ou nuls, des mots tranchants qui pouvaient blesser et me desservir.....

    Des mots tapis dans l'ombre d'une injustice, d'une blessure, toujours prêts à se mouvoir et à fuser.....

    Des mots criés au temps de la révolte, du déboulonnage des idées, des sixièmement toujours recommencés au fil de nos nuits blanches.....

    Des petits mots ,un rien crapuleux, juste pour jouer d'une voix rauque aux méchants mots......

    Des mots dérogatoires qui nous accordaient les escapades du lycée et quelques bouffées de bonheur....

    Et puis, à l'aube d'un été, sont venus les mots de paix. Ils se sont envolés avec légéreté comme des notes d'espoir, enveloppés des parfums du confiseur de la plage.

    Aériens et sifflotants, ils se posaient avec délicatesse: c'étaient mes premiers mots d'amour!

    Des mots romantiques à souhait, murmurés au son de l'épinette, des mots comme des étoiles jaillies de la botte du père  Noel !


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