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     Proposition 86 de l'atelier d'Adamante

    Jamadrou décembre 2016  Marbling de 20/15 cm sur papier puis petits croquis aléatoires aux pinceaux et encres de couleur.

     

     

    Trois petits tours de nuit et déjà l'aube claire où le rêve décroche les couleurs  

    de la vie.

    Le jaune a le parfum des glaces à la vanille

    du soleil sur la peau

    de l'or de ses cheveux

    des tournesols charmeurs.

    Le ciel s'est dilué dans la mer aux écumes,

    chevaux enfin domptés,

    le bleu s'apaise 

    se noie vers le couchant.

    Le rouge vibre au premier chant du coq

    dégouline de rage sur tous les corps meurtris

    hurle dans les arènes quand le taureau se meurt.

    Le vert a souligné l'ombre de ses épaules

    regard perdu sur l'horizon 

    fuyant l'arbre blessé, la prairie asséchée.

    Et le noir, la nuit épaisse, angoissante et profonde 

    s'étire comme un chat à la pointe du jour.

    Couleurs des rêves, mêlées, enlacées, presque vivantes,

    charriant les angoisses, l'espoir, les petits riens,

    longues étoles blanches parfois bordées de rouille

    du doux et de l'amer.

     

    Balaline

     

     

     


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    Perles de pluie sur les herbes ", proposition 84 pour l'atelier poésies d'Adamante.

    Aujourd'hui pas de photos, juste des mots ...

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    J'écoute le vent qui faiblit, les premières gouttes, la vie qui s'y glisse quand 

     la terre frémit.

    Promesses de l'aube d'un ciel chamarré, les herbes s'étirent en brins

    suppliants, leurs lèvres assoiffées par l'été ardent.

    Désir de tendresse, besoin de caresses, les tiges fragiles se délectent enfin des

    baisers mouillés. 

    Les perles musiciennes allègent leur peine en jouant le chant des instants-

    bonheur.

    Diamants éphémères sur leurs corps légers, les herbes en fête s'offrent au levant.

    La pluie en cadence, une jolie danse pour matin farceur. 

    Que se disent-elles ?

    J'aime imaginer les mots désuets d'un matin du monde dans sa pureté.

    L'étoffe du temps a gardé le secret des perles de pluie, des perles de vie.

     

    Balaline

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Pour l'herbier poésies d'Adamante 

     

     

    Sur un tableau d'Arnaud Bouchet 

     

    La ville a mal à l'âme, à ses murs léprosés, à la fièvre qui rôde, nauséabonde et sale.

    Elle a mal à son peuple qui n'ose balbutier et qui plus loin se terre, loin de l'enfer

    du bruit, loin des champs d'oliviers, de la terre de leurs pères qui avançaient courbés.

    La ville a mal aux bleus, à ses lambeaux de ciel, au sombre des ruelles,

    aux jardins défleuris, aux brûlures de la terre.

    Elle a perdu le vent, le chant de l'eau, le parfum de la nuit, les chemins du hasard.

    Juste un désert de vie, d'amour et de partage.

     

    Balaline 

     


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    D'après une oeuvre de Rembrandt " Cottage près de l'entrée d'un bois - 1644 "

    Sous la forme d'un Haïbun,

    pour l' Herbier de poésies d'Adamante

     

     

    Nacrée de rose sous la touffeur moite des pins, l'ombre rousse enveloppe le silence.
    Trop de tout en cet après-midi d'été. Trop de jaune, trop de bleu, trop de lumière.
    L'océan, plus loin, appelle de sa cadence.

     

    Rêve de solitude
    à deux pas des flots bleus
    Le temps s'étire

     

    Elle vit là depuis très longtemps, le corps poudré d'embruns, d'iode et de poussière. Mille instants passés , serrés dans la lumière et dans l'obscurité, des joies qui courent au matin et s'éteignent au soir.

     

    Un champ de sable et d'eau
    pour une vie entière
    Quelques flaques de bonheur

     

    Parfois, elle laisse s' échapper des envolées d'enfants, des rires sous la pinède, des cigales en amour, des parfums de la terre.
    Toujours debout, bienveillante et rouillée, un peu sensible aux vents, mais tant aimée, choyée, bercée,  élue depuis cinq générations.

     

    Balaline 

     

     


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    Photo de Françoise Isabel

    Pour l'atelier de poésies d'Adamante

    Proposition 81: Hêtre

    sous la forme de Haïbun  (prose et poésie )

     

    A fleur de terre, à fleur de vie, elles courent dans le sous-bois, sous leurs longs

    doigts masqués des stigmates du temps, humblement résignées à défier les vents.

    L'ombrelle verdoyante

    comme une fiancée

    s'appuie sur ses bras blancs

    Seras-tu là demain, mon beau fayard, hêtre en devenir qui sait déjà la richesse des instants ?

    Des racines aux faînes

    tout un charivari

    se fait l'écho du vent

    Quand la hétraie se tait, au plus doux du silence, on perçoit juste la respiration de son âme .

    Balaline


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